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IA et industrie : ce que l’IA ne fera pas à votre place

IndustriePar AzertyUI Team

L’IA générative progresse vite dans l’industrie : des assistants génèrent déjà du code d’automate et des écrans de supervision, et les plateformes standardisent la maintenance prédictive. Faut-il en conclure que l’ingénierie industrielle va s’automatiser ? Notre lecture est plus nuancée : l’IA automatise ce qui se passe à l’écran. Trois domaines lui résistent durablement.

1. Le monde physique et l’existant

Les usines exploitent des équipements prévus pour durer 20 à 50 ans. La sécurité des machines reste câblée sur du matériel déterministe, et les industriels préfèrent faire entrer l’IA par des interfaces de données séparées (OPC UA, MQTT) plutôt que dans les automates eux-mêmes. En robotique, le Boston Consulting Group estime que l’installation et la réingénierie représentent environ 75 % du coût total d’un déploiement : le travail se fait sur site, pas dans un éditeur de code.

2. La responsabilité signée

Cyber Resilience Act, directive NIS2, Règlement Machines : chaque texte exige un dossier documenté et un responsable identifié. Un assistant peut rédiger un brouillon d’analyse de risques ; il ne signe pas une déclaration de conformité. En aéronautique, l’EASA limite aujourd’hui les composants d’IA aux niveaux de criticité les moins élevés, sans date d’ouverture annoncée pour les niveaux supérieurs.

3. Le matériel

Tests sur cible, débogage à la frontière du logiciel et de l’électronique, protocoles propriétaires : ces tâches demandent un banc, un oscilloscope et quelqu’un devant la machine. Les assistants de code accélèrent l’écriture du C, du C++ ou du Rust embarqué ; la validation sur le matériel reste physique.

Ce que l’IA fera quand même

  • Écrire du code d’automate et des IHM : utile, mais la mise en service et la validation sur site restent humaines.
  • Analyser les données de production : à condition que les données soient collectées et fiables, ce qui suppose un raccordement propre.
  • Rédiger des premières versions de documentation : un accélérateur pour les dossiers techniques, pas un substitut à leur validation.

Ce que cela change pour un industriel

Investir dans l’IA industrielle commence par des fondations que l’IA ne pose pas seule : un réseau OT segmenté et surveillé, des données raccordées sans modifier les automates, des produits conformes aux nouvelles obligations. C’est le sens de nos trois offres : cybersécurité OT, conformité CRA et raccordement des données industrielles.

Sources : BCG, « How Physical AI Is Reshaping Robotics Today » (2026) ; Microsoft Research ; EASA AI Concept Paper Issue 03 (via Swiss Aerospace Ventures) ; OEM Magazine ; Foxmere.

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